Renoncer (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Se désister de quelque chose, soit par acte exprès, soit autrement. "Renoncer à la couronne." Renoncer à la succession de son père. "Renoncer à la communauté. J'avais telle prétention, tel droit, mais j'y ai renoncé."
Absolument, en termes de Procédure, "La veuve a renoncé, à cause des dettes," c'est-à-dire A renoncé à la communauté.
RENONCER signifie aussi Quitter, abandonner la possession, le désir de quelque chose, l'attachement à quelque chose. "Renoncer aux honneurs, aux dignités. Renoncer à l'amour. Renoncer au monde. Renoncer à Satan et à ses pompes. Renoncer aux plaisirs. Renoncer à l'amitié de quelqu'un. Renoncer au bonheur. Renoncer à la vie. Renoncer à une entreprise. Renoncer à la poursuite de quelque chose. Je voulais assurer son bonheur, mais j'y ai renoncé. J'ai dû à lui faire entendre raison."
En style de Dévotion, "Il faut à soi- même, se ," Il faut se dépouiller de tout amour-propre.
RENONCER, en termes de jeux de Cartes, signifie Mettre une carte d'une autre couleur que celle qui est jouée, soit qu'on ait de cette dernière, soit qu'on n'en ait pas. "Renoncer à trèfle. Renoncer à pique. On joue pique et vous jouez trèfle : vous renoncez."
RENONCER est aussi verbe transitif et signifie Renier, désavouer, ne vouloir plus reconnaître quelqu'un pour ce qu'il est ou pour ce qu'on le croyait. "Avant que le coq chante, tu me as trois fois. S'il fait telle chose, je le renonce pour mon parent."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Se désister, se déporter de quelque chose, soit par acte exprès, soit autrement. Renoncer à la couronne. Il a renoncé à la succession de son père. Renoncer à son droit.
    Absolument. Sa veuve a renoncé à cause des dettes, c'est-à-dire a renoncé à la communauté.
     Code Nap. art. 1498: La femme qui renonce perd toute espèce de droit sur les biens de la communauté, et même sur le mobilier qui y est entré de son chef

 2   Quitter, abandonner la possession, le désir de quelque chose, la prétention à quelque chose.
CORN.: « On ne renonce point aux grandeurs légitimes, On garde sans remords ce qu'on acquiert sans crimes »
MOL.: « Moi, au monde avant que de vieillir, Et dans votre désert aller m'ensevelir ! »
MOL.: « Ciel ! me faut-il ainsi à moi-même, Et par un imposteur me voir voler mon nom ? »
SÉV.: « En un mot, je renonce à plaire à madame de la Troche, sans à l'aimer ; car elle me trouvera toujours quand elle voudra se faire justice »
BOSSUET: « Rome, fatiguée et épuisée par tant de guerres civiles, pour avoir du repos, est contrainte de à sa liberté »
BOSSUET: « Peut-on vivre, direz-vous, de cette sorte ? peut-on à ce qui plaît ? »
BOURDAL.: « Vous aviez solennellement renoncé au démon et à toutes ses oeuvres, au monde et à toutes ses pompes, renoncé à la chair et à tous ses désirs sensuels »
MAINTENON: « Si celle-là [la duchesse du Maine] m'échappe encore [ne retourne pas à la piété], je renonce aux princesses, persuadée qu'il n'est pas possible que le roi en trouve une dans sa famille qui se tourne au bien »
FÉN.: « Pour moi, je vous le dis encore, je me suis bien trouvé d'avoir renoncé aux affaires avant ma mort »
LA BRUY.: « La première chose qui arrive aux hommes après avoir renoncé aux plaisirs, c'est de les condamner dans les autres »
ROLLIN: « Aimant mieux à la vie qu'à la pudeur »
VOLT.: « J'aurai du moins le plaisir de voir mes amis soutenir le théâtre, auquel mon grand âge, mes maladies et peut-être encore plus mes ennemis me forcent de »
     Lett. du roi de Pr. à Voltaire, 31 juill. 1767: Mon estomac, qui ne digère presque plus, m'a contraint de aux soupers : je lis le soir, ou je fais conversation
D'ALEMBERT: « Les épigrammes [de Racine] contre cette même Judith de Boyer et contre l'Aspar de Fontenelle, faites dans le temps de sa plus haute dévotion, prouvent que, s'il avait renoncé au théâtre, il n'avait pas renoncé à la satire »
D'ALEMBERT: « Elle [Christine] renonça à la Suède pour jamais, et revint à Rome, où elle passa le reste de ses jours mécontente et mal payée de ses anciens sujets »
    Absolument Vous n'avez pas de constance, il ne faut pas sitôt. C'est un homme entêté qui ne renonce jamais.

 3   Terme de dévotion. Renoncer au monde, se consacrer à la vie religieuse.
D'ALEMB.: « Rien n'irrite davantage les gens raisonnables que des hommes qui ont renoncé au monde, et qui cherchent à le gouverner »
    Renoncer à soi-même, se dépouiller de tout amour-propre.
BOSSUET: « Après qu'on a fait l'effort de à soi-même, on commence à l'aimer véritablement [le prochain], non pour soi-même, mais comme soi-même »

 4   Abjurer, renier.
VOLT.: « Lucrèce : Quoi ! il me faudrait aux dogmes d'Épicure ? - Posidonius : Il vaut mieux à Épicure qu'à la raison »
VOLT.: « Le Conseil.... s'enhardit, en 1681, à donner une déclaration par laquelle les enfants [des protestants] étaient reçus à à leur religion à l'âge de sept ans »
VOLT.: « Mais aux dieux que l'on croit dans son coeur, C'est le crime d'un lâche et non pas une erreur »

 5   Terme de jeux de cartes. Couvrir une carte avec une carte d'une autre couleur qui ne soit pas un atout. Renoncer à trèfle, à pique. On joue coeur, et vous jouez carreau, vous renoncez.
    Il se conjugue avec l'auxiliaire avoir.

 6   V. a. Renier, désavouer.
SACI: « Le Christ sera mis à mort ; et le peuple qui le doit ne sera point son peuple »
SACI: « Jésus lui repartit : Je vous dis en vérité, que cette même nuit, avant que le coq chante, vous me ez trois fois »
MOL.: « Si vous dites vrai, nous la ons pour notre sang, et l'abandonnerons à votre colère »
PASC.: « Que pouvaient faire les Juifs, ses ennemis [de Jésus] ? s'ils le reçoivent, ils le prouvent par leur réception.... et, s'ils le renoncent, ils le prouvent par leur renonciation »
SÉV.: « Ah ! ne me parlez point de Mme de Meckelbourg ; je la renonce ; comment peut-on, par rapport à Dieu et même à l'humanité, garder tant d'or, tant d'argent... ? »
FÉN.: « Coriolan : Quand ma patrie m'a renoncé, et ne veut plus me rien devoir, le contrat est rompu entre nous »
LA MOTTE: « Ne mettez plus le pied dans ma maison ; je vous renonce pour mon neveu »
PIRON: « Je suis un malheureux, mon oncle me renonce »
P. L. COURIER: « Aristocrate sous Robespierre, libéral en 1815, il [Courier] va être pour vous, et ne vous a que quand vous serez forts, c'est-à-dire insolents »
    On dit aussi , en parlant de choses qu'on désavoue, que l'on abandonne.
BOSSUET: « Tout lui est bon [à Jurieu], pourvu qu'il vienne à son but de porter le flambeau de la rébellion dans sa patrie qu'il a renoncée »
BOURDAL.: « Comment cet homme dont il parle a-t-il renoncé la foi ? »
BOURDAL.: « Si ma raison s'y oppose, je la renonce comme une raison séduite et corrompue »
BUFF.: « On assure qu'ils [les perroquets amazones] ne renoncent jamais leurs nids, et que, quoique on ait touché et manié leurs oeufs, ils ne se dégoûtent pas de les couver, comme font la plupart des autres oiseaux »

 7   Se , v. réfl. Renoncer à soi-même, faire une abnégation complète de soi-même.
BOURDAL.: « Pour avoir une parfaite religion, il faut savoir parfaitement obéir, il faut savoir se sacrifier, il faut savoir se »
MASS.: « L'Évangile, qui ne nous prêche que de nous nous-mêmes »
     Corresp. du gén. Klinglin, I, 469: Il faut donc toujours avec les grands se soi-même et n'exister que pour eux

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Ch. d'Ant. VII, 125: Si menrés [mènerez] avoec vous un nostre latinier [interprète] Qui sache lor raison entendre et renonchier [expliquer]
BEAUMANOIR: « Neporquant, s'il n'est ainsi, ne renonce il pas au privilege de clerc »
    XIVème siècle
     Girart de Ross. V. 2217: Li hermites li dist.... ' Girars, renunce as armes et à chevalerie, Jusque ta penitence à sept ans soit finie. ' Girars de très bon cuer, en plorant, y renonce
    XVème siècle
E. DESCH.: « Servirons et conseillerons, En renunçant à tous les drois Que nous y avons par les lois Et establissemens de France »
COMM.: « Fut habandonné du roy René et renoncé de toutes pars [le duc de Bourgogne] »
    XVIème siècle
MAROT: « C'est le heraut, qui nous a annoncé, Que Dieu avoit de tout poinct renoncé De se venger contre nous de l'injure Que lui avoit fait nostre ame parjure »
MAROT: « Mon cher enfant, tu n'as point merité Que te renonce [désavoue] »
CALV.: « Il nous faut ceder de nostre volonté, resigner nostre coeur, et quitter toutes les cupiditez de nostre chair »
CALV.: « Dieu ne se peut , il fera ce qu'il a promis »
CALV.: « Christ veut avoir des disciples, lesquels s'estans renoncez, et ayans prins leur croix pour porter, le suivent ; celui qui a renoncé à soy mesme, a desja coupé la racine de tous maux »
LOYSEL: « Femme veuve, renonçant à la communauté, jettoit jadis sa ceinture, sa bourse et ses clefs sur la fosse de son mari ; maintenant il faut en justice et faire inventaire »
MONT.: « Nous enrichissons les aultres animaux des biens naturels, et les leur renonceons, pour nous honorer des biens acquis »
MONT.: « Je renonce dez à present aux favorables tesmoignages qu'on me vouldra donner, parce que je seray mort »
AMYOT: « Alors il luy envoya denoncer qu'il la renonceoit et repudioit pour femme »
D'AUB.: « Abjurans et renonceans tous erreurs au contraire »

ÉTYMOLOGIE
    Berry, renoncier ; provenç. et espagn. renunciar ; ital. rinunziare ; du lat. renunciare ; de re, et nunciare, annoncer (voy. NONCE).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Se désister, se déporter de quelque chose, soit par acte exprès, soit autrement. "Renoncer à la couronne. Renoncer à la succession de son père, de son parent. Renoncer à la communauté. J'avais telle prétention, tel droit, mais j'y ai renoncé."
Il signifie aussi, Quitter, abandonner la possession, la prétention, le désir ou l'affection de quelque chose. "Renoncer à l'empire, aux honneurs, aux dignités. Renoncer à l'amour. Renoncer au monde. Renoncer à Satan et à ses pompes. Renoncer aux plaisirs. Cet avocat a renoncé au palais, à la plaidoirie. Renoncer à sa foi. Renoncer à sa religion. Renoncer à l'amitié de quelqu'un. Renoncer à la vertu, aux sentiments d'humanité. Renoncer au bonheur, à la raison, à l'honneur. Renoncer à la vie. Renoncer à une entreprise. Renoncer à la poursuite de quelque chose. Je voulais assurer son bonheur, mais j'y renonce. J'ai dû à lui faire entendre raison."
Il s'emploie quelquefois absolument. "La veuve a renoncé, à cause des dettes," c'est-à-dire, A renoncé à la communauté. Dans les phrases suivantes et autres semblables, il est familier: "Vous renoncez trop vite. On est toujours à temps de . Il ne faut jamais , tant qu'on peut aller."
En style de Dévotion, "Il faut à soi-même," Il faut se dépouiller de tout amour propre.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



à certains Jeux de cartes, signifie, Mettre une carte d'une autre couleur que celle qui est jouée, soit qu'on ait de cette dernière, soit qu'on n'en ait pas. "Renoncer à trèfle. Renoncer à pique. On joue pique, et vous jouez trèfle; vous renoncez."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



est aussi verbe actif, et signifie, Renier, désavouer, ne vouloir plus reconnaître quelqu'un pour ce qu'il est ou pour ce qu'on le croyait. "S'il fait telle chose, je le renonce pour mon parent. Il était mon ami, mais je le renonce. Il a renoncé son protecteur, son bienfaiteur."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Se désister, se déporter de quelque chose, soit par acte exprès ou autrement. "Renoncer à la succession de son père, de son parent. Renoncer à la communauté. La veuve a renoncé à cause des dettes. J'avois telle prétention, tel droit, mais j'y ai renoncé. Renoncer à une entreprise. Renoncer à la poursuite de quelque chose".
Il signifie aussi, Quitter, abandonner la possession, la prétention, le désir ou l'affection de quelque chose. "Renoncer à l'Empire, aux honneurs, aux dignités. Renoncer à l'amour. Renoncer au monde. Renoncer à Satan et à ses pempes. Renoncer aux plaisirs. Cet Avocat a renoncé au Palais. Renoncer à sa Foi. Renoncer à sa Religion. Renoncer à l'amitié de quelqu'un. Renoncer à ses prétentions. Renoncer à une entreprise, à un projet".
On l'emploie comme absolu dans les sens énoncés ci-dessous: "Vous renoncez trop vîte. On est toujours à temps de . Il ne faut jamais , tant qu'on peut cller". Il est familier.
On dit en style de Devotion, qu'"Il faut à soi-même," pour dire, qu'Il faut se dépouiller de tout amourpropre.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Renoncer, se dit à certains jeux de cartes, pour signifier, Mettre une carte d'une autre couleur que celle qu'on joue, soit qu'on ait de cette dernière, soit qu'on n'en ait pas. "Renoncer à trèfle. Renoncer à pique. On joue pique, et vous jouez trèfle, vous renoncez".
Il se dit aussi aux mêmes jeux, pour signifier, Manquer de quelque couleur. "Il renonce à pique," c'est-à-dire, Il n'a point de pique.



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Renoncer, est aussi actif, et signifie, Renier, désavouer, ne vouloir plus reconnoître quelqu'un pour ce qu'il est et pour ce qu'on le croyoit. "S'il fait telle chose, je le renonce pour mon parent. Il étoit mon ami, mais je le renonce. Il a renoncé son maître".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Se désister, se déporter de quelque chose, soit par acte exprès ou autrement. "Renoncer à la succession de son père, de son parent. Renoncer à la communauté. La veuve a renoncé à cause des dettes. J'avois telle prétention, tel droit, mais j'ai renoncé. Renoncer à une entreprise. Renoncer à la poursuite de quelque chose."
Il signifie aussi, Quitter, abandonner la possession, la prétention, le désir ou l'affection de quelque chose. "Renoncer à l'Empire, aux honneurs, aux dignités. Renoncer à l'amour. Renoncer au monde. Renoncer à Satan & à ses pompes. Renoncer aux plaisirs. Cet Avocat s'est retiré, il a renoncé au Palais. Renoncer à sa foi. Renoncer à sa Religion. Renoncer à l'amitié de quelqu'un. Renoncer à ses prétentions. Renoncer à une affaire."
On dit en style de Dévotion, qu'"Il faut à soi-même," pour dire, qu'Il faut se dépouiller de tout amour propre.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



se dit à certains jeux des cartes; pour signifier, Mettre une carte d'une autre couleur que celle qu'on joue, quoique l'on en ait. "Renoncer à trèfle. Renoncer à pique. On joue pique, & vous jouez trèfle, vous renoncez."
Il se dit aussi aux mêmes jeux, pour signifier, Manquer de quelque couleur. "Il renonce à pique," c'est-à-dire, Il n'a point de pique.



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



est aussi actif, & signifie, Renier, désavouer, ne vouloir plus reconnoître quelqu'un pour ce qu'il est & pour ce qu'on le croyoit. "S'il fait telle chose, je le renonce pour mon parent. C'est mon ami; mais s'il me désoblige jusqu'à ce point-là, je le renoncé. Il a renoncé son maître."



1ère signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Renier, detester, declarer qu'on n'a jamais eu, ou qu'on ne veut plus avoir de liaison avec quelqu'un, avec quelque chose. "S. Pierre renonça" . " son Pays, sa Patrie, sa Religion, sa Foy. il se dit mon parent, mais il ne l'est point je le renonce. il est vray qu'il est mon parent, mais s'il a fait ce que vous d'tes je le renonce pour tel. s'il a fait une si méchante action, je le renonce pour amy, pour mon amy".
On dit en style familier, "Je le renonce s'il manque à faire telle ou telle chose. si vous ne venez me voir à la campagne, je vous renonce".
On dit prov. & bass. "Renoncer sa vie", pour dire, Detester sa vie: Et l'on dit, d'Un homme qui s'emporte dans des blasphemes, dans des juremens, qu'"Il renonce chresme & baptesme".



2ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Se departir de l'attachement qu'on avoit pour une personne, pour une chose. "On ne sçauroit se porter à de tels excés, sans avoir renoncé à" , "à l'Eglise, à la Religion, aux obligations de son baptesme. à son devoir. il faut avoir renoncé à tout sentiment d'humanité pour en user si barbarement. à l'honneur, à la vertu, à la pudeur. il semble qu'il ait renoncé au sens commun. les Chrestiens renoncent à Satan & à ses pompes dans le baptesme. aux plaisirs. il a renoncé au jeu. on diroit qu'il a renoncé à ses amis tant il les neglige. au monde, aux vanitez du monde".
On dit aussi, "Renoncer au monde, au siecle", pour dire, Se retirer du monde. Et dans le mesme sens on dit, "Renoncer à-la Cour," pour dire, Se retirer de la Cour, n'y plus aller.
"Renoncer," signifie aussi, Se desister, des droits, des pretentions qu'on a, ou qu'on pourroit avoir sur quelque chose. "Il a renoncé à la succession de son pere. à la communauté. à un privilege. à ses interests. aux dignitez, aux honneurs, à la fortune".
Il se dit aussi au jeu des cartes, lorsque sur la carte de celuy qui jouë le premier on en jette une de differente couleur, parce qu'on n'a point de la couleur dont il a esté joüé. "Il renonce à trefle. vous renoncez à coeur".
Il se dit aussi absolument, De celuy qui ayant de la couleur dont on a joüé manque à en fournir. "Vous avez renoncé, vous faites la beste. qui renonce perd. qui renonce paye".
On dit prov. & bass. "Renoncer à la peinture", pour dire, Abandonner une affaire par depit. "Il est si pressant & si importun qu'il me feroit à la peinture".



3ème signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Se desister, se deporter de quelque chose, soit par acte exprés ou autrement. "Renoncer à la succession de son pere, de son parent. à la communauté. la Veuve a renoncé à cause des dettes. j'avois telle pretension, tel droit, mais j'y renonce".
Il signifie aussi, Quitter, abandonner la possession, la pretension, le desir, ou l'affection de quelque chose. "Renoncer à l'Empire, aux honneurs, aux dignitez. à l'amour. au monde. à Sathan & à ses pompes. aux plaisirs. cet Advocat s'est retiré, il a renoncé au Palais. à sa religion. à la foy. à l'amitié de quelqu'un. à ses pretensions. à soy-mesme".
"Renoncer" dans les jeux de cartes, c'est Jouer d'une autre couleur que celle qu'on jouë, soit qu'on en ait, soit qu'on n'en ait pas. "On jouë pique, & vous joüez trefle, vous renoncez".
"Renoncer," est quelquefois actif, & signifie, Renier, desavoüer, ne vouloir plus reconnoistre une personne pour ce qu'on la tenoit, pour ce qu'elle est. "S'il fait telle chose je le renonce pour mon fils, pour mon parent. c'est mon amy, mais s'il me desoblige jusques à ce point-là, je le renonce. il a renoncé son maistre".
On dit en termes de devotion, qu'"Un veritable Chrestien est obligé de se soy-mesme," pour dire, Se dépoüiller de l'amour propre, des affections naturelles.




Emplacement dans le dictionnaire :

renne
renom
renommé
renommée
renon
renonçant
renonce
renoncé
renoncement

renonciation
renonculacees
renonculacées
renoué
renouée
renouement ou renoûment
renouer
renouveau
renouvelable
renouvelant
renouvelé




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...au foyer, trop enlacé de mille liens très doux. Puis d'ailleurs, comment avouer à mes parents une telle idée, comment leur faire cette peine, et entrer ainsi en rébellion contre eux ! ... mais renoncer à cela, se confiner tout le temps dans un même lieu, passer sur la terre et n'en rien voir, quel avenir de désenchantement ; à quoi bon vivre, à quoi bon grandir, alors ? ... et dans ce salon vide,...


Citation n°2 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...afin d'atteindre certains faits de structure sociale assez profonds pour pouvoir être objets d'entendement, et, par conséquent, de science. En même temps, nous nous sommes fait une loi de renoncer à la méthode trop souvent suivie par les sociologues qui, pour prouver leur thèse, se contentent de citer sans ordre et au hasard un nombre plus ou moins imposant de faits favorables, sans se...


Citation n°3 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...société. Si c'était une satisfaction accordée aux particuliers, ceux-ci seraient toujours maîtres d'en faire la remise : on ne conçoit pas un privilège imposé et auquel le bénéficiaire ne peut pas renoncer. Si c'est la société seule qui dispose de la répression, c'est qu'elle est atteinte alors même que les individus le sont aussi, et c'est l'attentat dirigé contre elle qui est réprimé par la peine....


Citation n°4 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...; il doit prendre sur le temps de son travail ou de ses distractions les moments nécessaires à l'accomplissement des rites ; il doit s'imposer toute sorte de privations qui lui sont commandées, renoncer même à la vie si les dieux l'ordonnent. La vie religieuse est toute faite d'abnégation et de désintéressement. Si donc le droit criminel est primitivement un droit religieux, on peut être sûr que...


Citation n°5 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...ont passé les sociétés, il ne faut pas chercher quelle influence elles exercent sur le bonheur des hommes, puisque ce n'est pas cette influence qui les a déterminées. La science sociale doit renoncer résolument à ces comparaisons utilitaires dans lesquelles elle s'est trop souvent complue. D'ailleurs, de telles considérations sont nécessairement subjectives, car toutes les fois qu'on compare des...


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